L’artiste du mois: Aude Gravé

Les dessins d'Aude Gravé se distinguent par leurs compositions simples mais insaisissables. Sa pratique est basée sur la spontanéité, elle se laisse guider par les formes jusqu'à ce qu’elle en saisisse un personnage, souvent cartoonesque. En tant que spectateur, on abandonne rapidement l'envie de décrire la scène et on se laisse emporter par le dessin et la couleur qui nous plongent dans le mystère de ce que l'on regarde. Découvrez le magnifique univers de notre artiste du mois!


Quel est ton processus de création ?

Je me force à travailler sur mon bureau. Pour m’encourager, je choisis ce que je vais écouter avec le plus grand soin : souvent un podcast (ah ! la société et ses failles !), une radio, une émission de musique. L’attention portée à mon état d’esprit et mon espace est la moitié du boulot, les rails qui m’aident à pondre la suite. Je cherche à passer un moment agréable : c’est tout un travail ! Mes sessions sont courtes mais intenses. Zero distraction. Je m’enferme dans le présent.

D’abord je gribouille quelque chose (ou je peins, ou je tisse). Puis j’observe ce que ça donne et j’essaie d’y plonger mon cerveau, d’y voir « quelque chose », à la manière d’une lecture de forme dans le test de Rorschach (vous savez, la tâche dans laquelle il faut voir quelque chose), je rêvasse. J’essaie d’y voir un personnage avec son émotion. Comme s’il existait vraiment. Qu’est-ce qu’il fait ? Ensuite c’est juste de l’exécution pour montrer aux autres ce petit bout de personnage qui m’a touché et que j’ai rencontré sur mon support.


Comment trouves-tu l’inspiration dans ton quotidien ? 

Franchement, je n’en sais rien. Partout en fait. Parce que les idées et les sensations que je cherche à exprimer viennent du dedans. Beaucoup des gens qui m’entourent, des gens que j’aime, des difficultés qu’ils éprouvent en tant qu’humain, ou de mes propres difficultés. Ou du travail de mes amis artistes, qui, eux-même cherchent à raconter quelque chose de notre temps. Je trouve aussi l’inspiration dans d’autres formes artistiques, le cinéma et la musique surtout. Les rêves parfois. La liste est longue et vague.

Quels sont tes projets alternatifs bruxellois coup de cœur ?

Wooh! Il y a tellement de belles choses à Bruxelles… Mais pour jouer le jeu, je vous parlerai de deux projets qui me sont proches. D’abord l’incroyable restaurant Super Fourchette : c’est tellement bon, mais surtout j’adore le fait que ses fondatrices y fusionnent les trucs les plus importants du monde: la bonne musique et la bonne bouffe… Ensuite les ateliers du Toner. Je trouve cette initiative vraiment généreuse et juste. Pour les artistes (surtout les fauchés et les néophytes) c’est tellement important de mettre en commun nos outils et nos savoirs techniques. Grosse source de motivation dans ce projet, avec une équipe au top !


Photos: Agustina Peluffo