Barbe Verte: « Mon stickers sur la tête du Chat Machine, j’adore ! »

Été 2017

Soucieux de leur santé et de celle de l’environnement, Émilie et Éric Scholtes ont décidé de produire eux-mêmes leurs produits d’hygiène et d’entretien. Voyant que leur production était non seulement efficace mais aussi très économique, ils ont décidé d’en faire profiter tout le monde et de commercialiser leurs produits sous le nom de “Barbe Verte”. Née il y a deux ans, leur petite entreprise ne jure que par le fait maison, le durable, l’artisanal et le local. Sur leur site on peut lire à propos de leur production : Pas de paraben, ni d’huile de palme, d’aluminium, de javel, de colorants artificiels, d’additifs inutiles, d’emballages excessifs. Pas de déforestation, de pollution des sols et nappes phréatiques, pas d’atteinte à la flore, d’hécatombe parmi les abeilles, d’émanations nocives, pas de risque environnemental, pas de production de déchets. Ça nous parle !
Entretien.


 

Comment est né Barbe Verte?

Eric Scholtes: Barbe verte est né parce qu’on ne trouvait pas les produits qui nous convenaient dans les grandes surfaces. On faisait déjà attention à notre alimentation, on avait fait un potager sur notre toit à Sainte-Catherine par exemple. Et une fois que notre fille est née ça a un peu accéléré les choses. On a commencé à fabriquer notre lessive parce qu’il était hors de question qu’elle soit bombardée de toutes les saletés qui se trouvent dans les produits de grandes surfaces. De fil en aiguille on s’est mit à fabriquer du nettoyant pour le sol, du shampoing, etc. On a fait énormément d’erreurs, on travaille de manière empirique. L’expérimentation c’est ce qui prend le plus de temps. On utilise des produits qui pourraient être mangeables. On part du principe que si c’est pour se les mettre sur la peau, on l’ingère d’une manière ou d’une autre.
On fait tout nous-mêmes : la production mais aussi les livraisons, la gestion du site internet et celle de Facebook. Quand on crée des nouveaux produits, il faut trouver le temps parce qu’on n’est qu’à deux.

Été 2017

Comment êtes-vous passé d’amateurs à professionnels?

Quand on a vu que nos produits étaient efficaces et économiques on a commencé à en parler à tous nos copains. Ils étaient intéressés mais n’avaient pas le temps ou l’envie de les faire eux-mêmes, par contre ils étaient partant pour nous en acheter. C’est à force d’entendre ça qu’on a décidé de s’y mettre. Notre production a très vite évoluée et en trois mois on a pris un numéro d’indépendant. On a commencé en avril 2015 sur fonds propres et on va peut-être commencer à gagner notre vie cette année.

Comment vois-tu évoluer Barbe Verte?

Vous m’auriez posé la question il y a 6 mois je n’aurais pas pu vous répondre et puis maintenant ça commence à bien se dessiner. On reçoit beaucoup de demandes de France et du Québec mais ça ne m’intéresse pas de fabriquer des produits ici et de les envoyer là-bas. Donc dans l’idéal, et pour rester local, j’aimerais faire un Barbe Verte dans le sud de la France, un Barbe Verte à Lyon, un à Strasbourg, un autre à Québec, etc. Ce seraient des solutions locales avec une main-d’œuvre locale et des produits locaux. Pour l’instant on est à Bruxelles, en Wallonie et un peu en Flandre. Je fais les livraisons moi-même. Je demande de recevoir un minimum de commandes pour pouvoir offrir la livraison et diminuer l’empreinte carbone des produits.

Été 2017

D’où vient votre nom?

Dans nos dépôts et marchés, tout est fait pour que les gens puissent remplir leurs propres contenants. Le client n’est pas obligé d’acheter son flacon chez moi. Mon stickers sur la tête du Chat Machine, j’adore ! Ce sont les plus belles photos du monde : une bouteille Head & Shoulders avec la tête du petit pirate dessus ! C’est pour ça qu’on s’appelle Barbe Verte, parce qu’on pirate les bâtiments adverses et qu’on agrandit notre flotte.

Les gens n’achètent plus le plastique des autres et donc ces grandes entreprises ont moins d’argent pour ruiner la planète.

Si j’arrive à leur faucher le porte-feuille, j’ai tout gagné. Le but du jeu c’est de montrer aux gens que vivre vert ne coûte pas plus cher. Quand on s’implique et qu’on fait un maximum soi-même il y a moyen de réduire les frais. Quand tu proposes aux gens de venir avec leurs propres récipients c’est encore des frais en moins. Et eux du coup ils sortent moins de sacs-poubelle, ils en achètent moins aussi, c’est tout bénéf !

De tous les éléments que vous utilisez pour préparer vos produits, quel est celui que tu trouves le plus utile?

Je dirais le bicarbonate de soude et le vinaigre, c’est la base. Avec ça tu nettoies quasiment toute ta maison. On en a quasi dans tous nos produits. Le bicarbonate de soude dans la lessive comme détachant. Le vinaigre il aide à décalcariser l’eau donc il assouplit le linge. Le vinaigre dans le lave-vaisselle aussi comme liquide de rinçage.

Avez-vous un idéal vers lequel vous tendez ? Ou un projet idéal que vous connaissez déjà auquel vous vous référez?

Un projet non mais un de mes héros est Paul Watson. Je l’admire énormément. Il a fondé Sea Shepherd. C’est un éco-pirate qui n’en a rien à faire des gouvernements et qui défend la nature. “Vous ne bougez pas ? Ce n’est pas grave, moi je le fais. T’es pas content ? C’est le même prix !”. Moi, j’adore ! Je n’attends plus rien, je fais moi-même. Je change le monde. Comme ça au moins je suis sûr que ce sera bien fait et si ce n’est pas bien je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Et ce n’est pas seulement dans les produits, c’est dans tout. On a décidé à un moment de réduire les frais et de réduire les besoins.

De quoi ai-je vraiment besoin ? Et de tout ça, qu’est-ce que je peux faire moi-même ? Et on s’est rendu compte qu’il y a énormément de choses qu’on peut faire nous-mêmes. De faire pousser sa propre nourriture, jusqu’à fabriquer ses produits.

Pour certaines personnes ce sera juste cuisiner un plat, chacun fait ce qu’il sait. Si tu fais pousser des aromates sur ton balcon c’est déjà très bien, si tu te passes de Coca et de Nutella, bravo, c’est chacun à son niveau.

Paul Watson

Fervent Défenseur de la cause animale depuis son plus jeune âge, l'activiste Paul Watson est né à Toronto en 1950. Déjà petit, il se battait avec ses camarades pour les empêcher de tuer des animaux pour s’amuser ! D’abord garde-côtes, il sert pendant deux ans sur des navires de recherche et de sauvetage en se confrontant à tous types de mers et tempêtes. Il devient en 1969 cofondateur de Greenpeace et rachète des anciens bateaux de pêche pour se battre sur le terrain contre les essais nucléaires en mer, puis contre la chasse à la baleine et aux phoques. Frondeur et impétueux il n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour sauver la vie des animaux pris au piège des chasseurs. Il quitte Greenpeace, devenu trop administratif et moins dans l'action à son goût, et fonde la Sea Shepherd Conservation Society en 1977 pour continuer à défendre la vie marine et agir sur le terrain.

Y-a-t-il un projet Bruxellois dont tu voudrais nous parler?

Alimentation géniale ! Ca vient d’ouvrir à la porte de Hal. Ce sont les copains de l’Heureux Nouveau. J’adore l’équipe, ce sont des pirates aussi. Ce sont des gens qui se sont dit qu’il voulaient manger correctement et hop, ils ont monté un projet de brics et de brocs avec trois vélos et maintenant c’est une petite armée pluridisciplinaire. Ils s’attaquent à tout. Ils ont deux marchés qui fonctionnent tellement bien qu’ils ont voulu faire un marché permanent. C’est un projet qui va cartonner !

Illustrations : Anouk Jurdant